Au 19e et au 20e siècle, l'industrie papetière haut-garonnaise connaît un important essor, particulièrement dans le sud du département, en Comminges. Ce développement conduit la société L. Lacroix fils à mettre en œuvre une politique de logement destinée à fixer sa main-d'œuvre à proximité des sites de production.
Dès les années 1920, l'entreprise fait construire des habitations ouvrières à Mazères-sur-Salat, pour lesquelles peu d'archives ont été conservées. Une petite cité ouvrière est notamment aménagée à proximité de la mairie, tandis que d'autres logements sont disséminés sur le territoire communal.
Cité ouvrière de Cassagne
La société aménage ensuite une cité ouvrière dans le quartier de Bouque-de-Lens, à Cassagne, à proximité immédiate de l'usine. Cette politique sociale n'est pas propre aux établissements du Comminges : la société la met également en œuvre à Angoulême, où elle permet aux employés de ses manufactures d'accéder à un logement accompagné d'un terrain.
D'après le cadastre rénové de 1934, un premier ensemble de sept logements est édifié le long du Salat (AD 31, 5904 W 2484. Extrait du plan du cadastre rénové de Cassagne, 1934 ; AD 31, 134 J 13. Procès-verbal du conseil d'administration, rapport des usines de Mazères-sur-Salat, 1931). Dans le même temps, André Lacroix, petit-fils du fondateur de la société, devient maire de la commune (1934-1945). Il s'installe peu après dans une maison située entre le logement du concierge et le terrain occupé par les habitations ouvrières. Le choix de cet emplacement s'explique vraisemblablement par ses fonctions au sein de l'entreprise, puisqu'il est alors directeur de l'usine et administrateur de la société.
Ce premier ensemble est complété par un second groupe de logements construit à l'est. Quatre nouvelles maisons, conçues sur le même modèle que les précédentes, viennent agrandir la cité ouvrière. Selon un inventaire des bâtiments, leur construction est achevée en 1940 (AD 31, 134 J 142. Police d'assurance des bâtiments, 1943). L'ensemble comprend alors six maisons doubles et deux pavillons, desservis par la route principale, l'actuelle rue de Bouque-de-Lens, ainsi que par la rue des Cités.
Ces constructions complètent les logements déjà mis à la disposition du personnel de la société Lacroix. En effet, depuis la fin du XIXe siècle, le contremaître et le directeur de l'usine de Cassagne disposent chacun d'une maison située à proximité immédiate de la papeterie. Aujourd'hui encore, ces habitations sont occupées par des propriétaires privés, parmi lesquels figurent d'anciens salariés de la société Lacroix.