Dans son ouvrage sur Mazamet en 1930, Edouard Cormouls-Houlès présente Hippolyte Mas (1818-1893) comme l'un des premiers mazamétains à être parti à Buenos Aires, en Argentine, en 1856, pour y créer un comptoir d'achat de peaux de moutons, comme fondé de pouvoir d'Augustin Périé, marchand de laine. Il y reste plusieurs années et rentre s'établir à Mazamet où il épouse la nièce d'Augustin Périé avec lequel il s'associe. En 1876, H. Mas est dit négociant à Mazamet et son frère Firmin Mas négociant à Buenos Aires pour la maison de commerce Augustin Périé et Cie (ADT, 6 U 2 161). Il reprend ensuite l'entreprise sous la raison sociale Hyppolyte Mas et Compagnie (Cormouls-Houlès, 1931). La demeure pourrait donc avoir été construite dans la décennie 1860, au retour d'Hyppolyte Mas ; elle figure sur le plan de la ville de Mazamet daté de 1870. L'industriel fait le choix de s'établir dans le nouveau quartier alors en cours d'urbanisation et dévolu aux demeures des industriels, à proximité du temple protestant, bien que lui soit de confession catholique.
Au début du 20e siècle, elle est la propriété d'Auguste Mas, le fils. Les grilles du parc au décor Art nouveau pourraient avoir été installées à ce moment. Le jardin, avec les plantations contre le mur de clôture, allée circulaire centrale et terre-plein engazonné pourrait lui-aussi dater de cette période.
Elle passe ensuite aux mains de sa fille, Gabrielle Mas épouse Charles Ludovic Vidal (ADT, 3 P 1317). Elle a connu des transformations importantes au milieu du 20e siècle, lorsqu'elle a été restaurée par l'architecte Maurice Albert pour Numa Bruyère (Permis de construire de 1951), industriel et président de la Chambre de Commerce de Mazamet.