Depuis 1810, Gaillac est une sous-préfecture qui compte dans la seconde décennie du 19e siècle 5500 habitants. Les trois faubourgs urbanisés au 18e siècle se développent sur les axes de de la route d'Albi, de Toulouse et de Cordes. Le long de ces deux derniers axes, les édifices se sont construits de part et d'autre de l'enclos des frères Capucins qui forme alors un grand espace libre.£En 1813, le maire Edouard Fos de Laborde acquiert l'enclos des Capucins auprès de la Caisse des amortissements pour y installer provisoirement mairie, gendarmerie et palais de justice. Le nouveau maire Joseph Antoine Rigal (1830/04 1833) entreprend le projet de construction d'un hôtel de ville. Il confie celui-ci à l'architecte de la ville François-Martin Lebrun qui présente des plans et devis d'un ensemble comprenant hôtel de ville, palais de justice et collège communal en 1832 (AC Gaillac, 1 M 2), approuvés immédiatement. La première pierre est posée le 10 février 1833. Sur les trois côtés de la place, les bâtiments aux façades très régulières et de style néoclassique sont achevés en 1837 (AC gaillac, 1 M 2 et 1 M 3).£Fort de ses expérimentations du béton dans la villa de son frère à Marssac-sur-Tarn, l'architecte entreprend de réaliser un test grandeur nature sur l'ensemble des fondations du bâtiment, dans ce matériau, ainsi que la voûte, également en béton, d'une cave de stockage.£Il établit les fondations sur un linéaire de plus de 600 m, sur une hauteur de 1,60 m et de 75 à 80 cm d'épaisseur. Néanmoins, les premiers 50 cm sont en maçonnerie de chaux. Pour la voûte de la cave, qui mesure 16 m de long sur 5, 60 m de large, il emploie une maçonnerie de béton qui est composée d'un volume de chaux éteinte, pour un volume de sable et deux volumes de graviers de la taille d'une noix. La construction de la voûte a fait appel à une technique peu courante. Lebrun fait remplir le volume de la future cave de terre par des ouvriers afin qu'elle serve de cintre. La terre est tassée pour adopter la forme de la voûte. Après quatre mois de séchage, la terre est retirée par l'escalier qui avait été construit au préalable et la voûte resta "suspendue".£Clairvoyant, il convoque deux commissions pour entériner ses expérimentations (Rico, 2001, p. 101), l'une par l'autorité municipale et l'autre par arrêté préfectoral. La première est composée de plusieurs personnalités politiques de Gaillac et est rassemblée le 17 septembre 1834. Enthousiastes, les membres constatent que pour les fondations," le béton peut remplacer avec avantage toute autre espèce de maçonnerie" et est "d'innovation réelle" pour les voûtes (Rico, 2001, p. 101) La seconde commission est plus tempérée.£Quoi qu'il en soit, Lebrun expose le chantier de la mairie de Gaillac dans son traité de 1835 (Méthode pratique...) qui sera également diffusé dans des ouvrages généraux. Il mentionne même que la municipalité "avait compris que le succès de cette épreuve serait un grand bienfait pour le pays, au point de vue, surtout, de la construction des caves, si nécessaires dans une contrée dont les vins forment le principal revenu" (Rico, 2001, p. 99, Lebrun, 1843, p. 168).£Cette technique a connu quelques applications localement, notamment dans une partie des fondations du bâtiment principal de l'ancienne abbaye pour le compte de M. de Lacombe, qui a été également maire de Gaillac à partir d'août 1837. Il est fort vraisemblable que ce chantier ait eu également un rôle dans la diffusion des cuves en béton dans les chais du Gaillacois, tout d'abord à Cazalens, à la Garenne ou à Labourélie.
- enquête thématique régionale
- patrimoine vigneron du Pays Gaillacois
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Pays du Vignoble Gaillacois, Bastides et Val Dadou - Gaillac
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Commune
Gaillac
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Adresse
70 place d' Hautpoul
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Cadastre
2013 BS 169, 262, 263
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Dénominationshôtel de ville, tribunal, collège
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Période(s)
- Principale : 2e quart 19e siècle
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Dates
- 1837, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
François-Martin Lebrunattribution par sourceFrançois-Martin LebrunCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Auteur :
architecte communalarchitecte communalCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
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Dans la période particulièrement florissante de la première moitié du 19e siècle, naît le projet ambitieux de la construction d'un ensemble de bâtiments communaux de la nouvelle sous-préfecture, abritant hôtel de ville, palais de justice et collège communal ouvrant sur une grande place centrale. Rectangulaire, cette dernière est bordée sur les trois côtés de bâtiments présentant une façade régulière de style néoclassique en accord avec celle de la mairie qui occupe tout le fond.£La façade de l'hôtel de ville néoclassique, montée toute en brique et recouverte d'un badigeon de couleur brique sur enduit, se développe sur un linéaire de 60 m. Avec un rez-de-chaussée souligné par un bossage rustique, elle est rythmée de travées régulières et est marquée par un avant-corps central de trois travées, scandé à l'étage par des pilastres supportant un entablement à triglyphes et métopes et couronné par un fronton triangulaire. A l'étage, des décors moulés de terre cuite provenant de la fabrique de Virebent à Toulouse ornent le tympan des portes-fenêtres en arc plein cintre, et les métopes : couronnes de laurier sur les métopes, mascarons à tête de lion, chutes et guirlandes de fruits sur les parties latérales et trophée en partie centrale couronné des armes de la ville sous lesquelles les pampres rendent hommage à la tradition viticole.£Les fondations du bâtiment sont en béton et la cave située sous l'ancien collège est couverte d'une voûte de béton raidie par deux arcs en brique sur laquelle des traces de terre sont encore visibles. Le même principe a été utilisé pour le couvrement des soupiraux.
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Murs
- brique
- béton
- enduit
- badigeon
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Toitstuile creuse
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Étagessous-sol, 2 étages carrés
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Élévations extérieuresélévation à travées, élévation ordonnancée
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Couvertures
- toit à longs pans
Champs annexes au dossier - Architecture
- NOTB_G Lebrun, François-Martin, Méthode pratique pour l'emploi du béton en remplacement de tout autre espèce de maçonneries dans les constructions en général, Paris, 1835 ; Lebrun, François-Martin, Traité pratique de l'art de bâtir en béton ou résumé des connaissances actuelles sur la nature et les propriétés des mortiers hydrauliques et bétons et exposition des procédés à suivre pour employer cette espèce de maçonnerie, en remplacement de toute autre, dans les travaux publics et dans les constructions particulières, Paris, 1843.£Rico, Romain, François-Martin Lebrun, 1799-1849, architecte théoricien du béton, Mémoire de maîtrise d'histoire de l'art, Toulouse 2, 2001, 2 volumes ; Rico, Romain, "François-Martin Lebrun : architecte et précurseur du béton", Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Tarn-et-Garonne, 2004, t. CXXIX, p. 107-124 ; Béa, Adeline, dans Béa, Adeline, Bonhôte, Jérôme, Courjault-Radé, Pierre, de la Taille, Alice, Pech, Rémy, Servant, Sonia, Le Gaillac, vin de ville, vin des champs, une histoire du patrimoine du vignoble (16e-20e siècles), Cahiers du Patrimoine 108, Inventaire général du patrimoine culturel, 2015, p. 135-137.
- NOTB_S AC Gaillac, 1 M 2, Hôtel de ville ; AC Gaillac, 1 M 3, Construction de l'hôtel de ville.
- APPA
- APRO
- ARCHEO
- AVIS
- CCOM
- CHARP
- CHARPP
- COORLB93
- COORMLB93
- COORMWGS84
- COORWGS84
- ENCA brique
- EPID
- ESSENT
- ETACT
- FEN
- FEN2
- FENP
- INTER
- MHPP
- NOPC
- OBSV
- PAVIS
- PETA_MA
- PLU
- PSAV_FA
- SAV_FA
- SELECT oeuvre sélectionnée
- TAILL
- TAILLP
- TOITU corniche brique
- USER IVD81_ABEA
- VALID accessible au grand public
- VISI
- VISIB
- VOIR_AUSSI
Présentation succincte
- NOTSUC La construction de l'hôtel de ville de Gaillac a été un chantier décisif dans la carrière de l'architecte François-Martin Lebrun qui a pu expérimenter alors l'emploi du béton dans un test grandeur nature. Plus encore, la création d'une grande place autour de nouveaux bâtiments communaux sur l'ancien enclos des Capucins a été un projet ambitieux qui a marqué les contemporains et a été l'amorce d'une urbanisation rapide autour de ce nouveau pôle.
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Intérêt de l'œuvreà signaler
- (c) Conseil départemental du Tarn
- (c) Inventaire général Région Occitanie
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- (c) Inventaire général Région Occitanie
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- (c) Conseil départemental du Tarn
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Chargée d'Inventaire au CAUE du Tarn
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