Dossier collectif IA81012162 | Réalisé par
Béa Adeline
Béa Adeline

Chargée d'Inventaire au CAUE du Tarn

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  • enquête thématique régionale
  • patrimoine vigneron du Pays Gaillacois
maisons de vigneron , hôtels , demeures , chais , ateliers de tonnelier de la ville de Gaillac

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    maison, hôtel, demeure, chai, atelier
  • Aires d'études
    Pays du Vignoble Gaillacois, Bastides et Val Dadou
  • Adresse
    • Commune : Gaillac
      Cadastre : 1827 F ; 2013 BS, BY, BT, LT, NE, NH, ND

L’étude de l'architecture vigneronne dans la ville de Gaillac sur le long terme ne peut donc être envisagée sans le développement économique de son vignoble et le rôle des familles investies dans ce dernier, dont la subtile alchimie a agi directement sur la constitution du tissu urbain. Gaillac, d’abord tournée vers la rivière, utilise avec profit la topographie et les points élevés destinés à asseoir la structure urbaine tout au long de l’Ancien Régime. Élites marchandes et nobiliaires du vignoble, artisans et négociants en constituent les pôles principaux. Dans la première moitié du 19e siècle, la ville se développe hors les murs et se tourne progressivement vers des espaces non exploités au nord-ouest, parallèlement à l’essor de la petite et de la grande propriété viticole. Avec l’arrivée du chemin de fer et la construction de la gare, le nouveau centre économique de la ville s’installe définitivement sur son pourtour, délaissant pour toujours le port et la rivière. Le centre de la ville bascule alors à l’opposé, au nord-ouest, mais il s’inscrit encore dans la continuité de l’essor urbain initié depuis la construction de la place de l’hôtel de ville, qui accueillait aussi le marché du vin. La fin du 19e et le début du 20e siècle confirment la nouvelle orientation. Une forte concentration de chais de négociants vinicoles s’installe à proximité de la gare, et ce jusqu’à la Deuxième guerre mondiale. La prospérité du négoce du vin est aussi corroborée par le dénombrement des négociants de Gaillac dans la première moitié du 20e siècle : sur les 38 négociants déclarés en 1926, 14 sont spécialisés dans le vin et 22 en 1931 sur un total alors de 27.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age
    • Principale : Temps modernes
    • Principale : Epoque contemporaine

Au Moyen Age, les règlementations protectionnistes des consuls favorisent la vinification en ville. Si la culture de la vigne se fait à l’extérieur, au pied de l’enceinte, l’élaboration du vin, en revanche, se fait bien à l’abri des murailles, l’exportation du vin depuis le port étant alors possible. C’est aussi ce que nous révèlent quatre maisons parmi un ensemble remarquable d’une dizaine de demeures du Moyen Age. Les maisons possédant des espaces de vinification se situent au-dessus du port, non loin de la porte de l’enceinte. Les caves vinaires dans lesquelles s’opère l’élaboration du vin sont identifiables sur la rue par la présence de deux portes juxtaposées, une porte piétonne et une seconde plus large destinée à la manutention de la futaille auprès desquelles sont percées une ou plusieurs baies d’aération indispensables pour la ventilation.£Le quartier haut, dominant le port, s’est constitué autour du château. Pendant tout l’Ancien Régime et ce, jusqu’à l’établissement de la voie ferrée à la fin du 19e siècle, il a été celui des artisans tonneliers. Ces derniers possèdent une vigne à la périphérie de la ville et cumulent la double activité, celle de fabriquer la futaille destinée au transport du vin et celle de vinifier dans leur maison pour un revenu complémentaire. La maison de tonnelier se reconnaît sur la rue par une baie semi-circulaire de grande taille et une porte large pour le passage des tonneaux. La configuration du quartier permet ainsi un approvisionnement aisé du port, la pente raide étant favorable au transport des tonneaux jusqu’au quai, et, embarqués pour la commercialisation du vin par voie fluviale, jusqu’au port de Bordeaux et au-delà. La corporation des tonneliers est bien connue et reconnue au 16e siècle, elle a financé la reconstruction de l’église Saint-Jean de Tartage après la prise de la ville par les protestants à la fin du siècle. Le quai, en revanche, forme un front bâti composé de parcelles régulières et profondes sur lesquelles sont construites de grandes maisons ayant un accès principal de plain-pied en lien avec l’activité professionnelle alors que l’accès à l’habitation au deuxième niveau est pratiqué depuis la rue arrière à hauteur de l’étage. Les maisons des bateliers disposent d’un rez-de-chaussée très haut sous plafond destiné à rentrer les gabarres.£A Gaillac, l’hôtel particulier, outre sa fonction habituelle de demeure urbaine luxueuse réservée à une seule famille, présente la particularité de disposer également d’espaces dédiés à la vinification. Le niveau bas est réservé au tinal (terme occitan désignant le cuvier et hérité de tine, la cuve) et au chai. Des greniers sont aussi parfois installés dans les niveaux d’entresols auxquels il faut ajouter les espaces de stockage et de séchage dans les combles qui sont élégamment ajourés sur la rue par une galerie. L’organisation est à mettre directement en lien avec l’activité vinicole. Lorsque la configuration s’y prète, la pente est utilisée pour installer espaces vinicoles au niveau de soubassement. Tinal et chai sont encore identifiables, même sous forme de vestiges, dans les hôtels, permettant ainsi la confrontation avec les sources archivistiques. L’activité viticole a eu un rôle déterminant dans la vie quotidienne et a été omniprésente dans la ville.£La partie intra muros ne pouvant plus accueillir d’habitations supplémentaires, les nouvelles familles enrichies s’établissent dans la deuxième moitié du18e siècle rue Saint-Jean ou route de Toulouse et Grand Route de Gaillac à Albi. Profitant d’espaces importants, elles font construire une demeure à la longue façade sur rue, qui s’enfonce dans la parcelle afin d’établir autour de la cour les bâtiments destinés à l’activité professionnelle. Un porche permet de rejoindre la cour sur les côtés de laquelle ouvrent chais et autres magasins de stockage pour les marchandises, greniers et fenil. Le traitement des façades égale celui des hôtels particuliers.£Les constructions des maisons de vigneron du 19e siècle avec un chai au rez-de-chaussée percé d’une large porte charretière et un logement à l’étage. La spécialisation est évidente ici. Le modèle de la maison de vigneron adopté de manière sérielle dans le rue Gaubil s’inscrit dans la modernité, il adopte un schéma commun à d’autres régions viticoles comme le Bas-Languedoc.£Sur le pourtour de la gare s’élèvent aussi des chais de négociants qui sont de grands bâtiments rectangulaires, percés de quais de déchargements. Grâce à leurs emplacements privilégiés, ils bénéficient non seulement de la proximité du moyen de transport le plus utilisé, offrant de surcroît de nouveaux débouchés tel le marché parisien, mais aussi d’une publicité permanente.

  • Toits
    tuile creuse, tuile mécanique
  • Murs
    • pisé
    • brique
    • brique crue
    • torchis
    • enduit
    • pan de bois
    • maçonnerie
  • Décompte des œuvres
    • bâti INSEE 3 727
    • repérés 142
    • étudiés 40

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G Béa, Adeline, dans Béa, Adeline, Bonhôte, Jérôme, Courjault-Radé, Pierre, de la Taille, Alice, Pech, Rémy, Servant, Sonia, Le Gaillac, vin de ville, vin des champs, une histoire du patrimoine du vignoble (16e-20e siècles), Cahiers du Patrimoine – 108, Inventaire général du patrimoine culturel, 2015, 320 p., voir pp. 65-76, 89-102, 110-114, 131-138, 192-207.
  • NOTB_S AC Gaillac, 1 G 18, tableau indicatif des propriétés foncières ; AC Gaillac, 1 G 11, Mutation des Etats de section, 1791-1797,
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS
  • CCOM
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA brique ; calcaire
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre sélectionnée
  • TAILL
  • TAILLP
  • TOITU corniche brique
  • USER IVD81_ABEA
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI

Présentation succincte

  • NOTSUC La pratique de la vinification en ville depuis le Moyen Age et ce jusqu'au milieu du 20e siècle induit que l'architecture vigneronne est omniprésente dans la ville de Gaillac, à toutes les époques et dans tous les types d'habitat, de la maison à la demeure ou à l'hôtel particulier. Le tinal, le cuvier ou le chai sont une composante essentielle de l'habitat à Gaillac, ils se trouvent aussi associés à d'autres professsions, au négociant polyvalent ou au tonnelier.
Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2018
(c) Inventaire général Région Occitanie
(c) Conseil départemental du Tarn
Béa Adeline
Béa Adeline

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