Dossier d’œuvre architecture IA81000591 | Réalisé par ;
Chabbert Roland
Chabbert Roland

Chercheur partenaire de 2002 à 2008

Chercheur à l'Inventaire général depuis 2008

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Béa Adeline
Béa Adeline

Chargée d'Inventaire au CAUE du Tarn

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  • opération ponctuelle
  • enquête thématique départementale, habitat et production sur le PNR du Haut-Languedoc
château
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc - Vabre
  • Commune Lacaze
  • Cadastre 1814 E 20 à 23, 715, 716, 11 à 13, 17 ; 2017 AB 161, 171 à 173, 166, 153
  • Dénominations
    château
  • Parties constituantes étudiées
  • Autres parties constituantes
    écurie

Au Moyen Âge, le Sénégadès dans lequel se trouve Lacaze est sous la domination des Lautrec. Un premier château a probablement été construit au Moyen Age sur un éperon rocheux dominant un méandre du Gijou. Le site de hauteur plaide en effet pour une construction antérieure au château actuel. Il peut être identifié dans les vestiges d'un édifice conservé dans le soubassement nord du château du 17e siècle. Il reste une portion de la courtine et l'élévation d'une tour circulaire. Dans les sources, la première mention de Lacaze apparaît en 1266, à l’occasion d’un achat du mois de mai d’Amiel de Brassac à Bertrand II de Lautrec parmi lesquels figure le « mas de Lacaze ». Bringuier de Galand, seigneur de Barre, Lestiés et Gijounet, et sénéchal de Castres depuis 1418, acquiert le château au 15e siècle. Son fils, Antoine, sénéchal du Rouergue et lieutenant du roi, reçoit la seigneurie de Lacaze et sa fille, Marquise de Galand, contracte un beau mariage en 1519 avec Pierre de Châlon qui hérite des branches d’Armagnac, d’Albret et d’Amboise. Leur fille, Marie-Madeleine de Châlon, épouse à Paris le 18 mars 1598 Henri II de Bourbon-Malauze, premier marquis de Malauze et filleul d’Henri IV. Henri II de Bourbon-Malauze s’installe à Lacaze en 1598 et il faut certainement lui attribuer l’initiative de la reconstruction d’un ample château.£Le chantier revient néanmoins à son fils Louis qui est rattaché à la maison du duc d’Orléans et qui épouse en premières noces Charlotte de Querveno en 1638. En récompense de ses bons et loyaux services, la baronnie de Lacaze est érigée en comté en 1647. Elle comptabilise à elle seule un revenu de 30 700 livres, ce qui correspond à un des fiefs les mieux dotés de la montagne. Louis épouse en secondes noces, quinze ans plus tard, Henriette de Durfort, de la puissante famille de la Tour d’Auvergne qui lui apporte une dot de 100 000 livres. Cette alliance ayant certainement été propice au financement des travaux, il est encore possible de lire sur une pierre en remploi sur l'encadrement d'une porte de la façade sud : "MADAME ANRIETE DE DURAFOR, 1654". Son fils, Guy-Henri, héritier par alliance de la puissante famille des Lévis et des Cardaillac, est en possession de revenus très importants. Il fait élever une orangerie, un manège et de vastes écuries. Il s’attache aussi à améliorer le confort intérieur du château et commande une galerie de portraits de ses ancêtres pour la grande salle. Louis Auguste lui succède puis son fils qui finirent de dilapider la fortune des Bourbon-Malauze. Après 1744, le château resta inoccupé et se dégrada rapidement.£Le château est endommagé au cours de la Révolution. Il est racheté en 1805 par Louis Bernadou, marchand castrais qui le revend ensuite en parcelles. L'édifice sert alors de carrière de pierre. Un incendie ravagea les parties hautes du château en 1884. La partie nord de l'édifice a été redécoupée mais l'emprise ancienne du château se lit dans les étages de soubassement des maisons qui surplombent le Gijou. Le château a été inscrit au titre des Monuments historiques en 1927 et la partie sud a été acquise par la mairie en 1995, plusieurs campagnes de restaurations ont été menées depuis.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age
    • Principale : 1ère moitié 17e siècle
    • Secondaire : 19e siècle
  • Dates
    • 1654, daté par travaux historiques, porte la date

Le château est implanté sur un éperon qui domine un méandre du Gijou. Le château et les bâtiments annexes occupent toute la plateforme mais la façade principale du logis surplombe le Gijou. Le bâtiment principal, long de 38 m et terminé au nord et au sud par deux tourelles en encorbellement, s’organise de part et d’autre d’une tour circulaire centrale en demi-hors-oeuvre abritant un escalier, et forme un retour au sud bordé d’une tour semi-cylindrique. Les communs et bâtiments de service sont élevés le long du surplomb rocheux et dans l’alignement du logis ; en face, à l’ouest, des annexes bordent la grande cour.£Les pièces de la partie sud du château étaient réservées au 17e siècle à la vie quotidienne des Bourbon-Malauze, avec la salle à manger ou salle basse au erez-de-chaussée, la grande salle couverte d’une voûte d’arêtes et équipée d’une cheminée au rez-de-chaussée, la salle haute et les chambres des maîtres de maison à l’étage.Toute l’attention a été portée sur la façade principale qui est élevée en moyen appareil de granite et affiche un programme ornemental cohérent. Un cordon saillant souligne les principaux niveaux percés de larges ouvertures aux encadrements soignés. Le soubassement aveugle est orné d’une série d’arcades retombant sur des colonnes à chapiteaux doriques. L’étage noble, qui abrite la grande salle, est éclairé par de hautes croisées à doubles traverses. Il est ainsi mis en valeur. L’appareil vermiculé est généralisé, il se retrouve dans les colonnes du second niveau de soubassement, les fenêtres jumelées du premier niveau de soubassement et les grandes fenêtres à croisée à doubles traverses de l’étage noble, ainsi que sur les fenêtres de l’étage et les chaînes d’angle. Un décor floral et délicat est sculpté sur l’encorbellement des tourelles tandis que des urnes couronnent les fenêtres du deuxième niveau de soubassement.£L'inventaire après-décès de Louis de Bourbon-Malauze en 1667 nous donne plus de précisions. Dans la partie sud, la vie de la famille seigneuriale se répartissait entre les pièces de réceptions équipées des salles de services associées et les chambres ouvrant sur les antichambres. Le premier niveau de soubassement accueillait la cuisine et le garde-manger. Au rez-de-chaussée, la salle basse était la principale pièce de réception, chauffée par une grande cheminée, avec chambre, antichambre et cabinet. Ces salles sont voûtées, en berceau et voûtes d’arêtes. Les pièces de service étaient réparties dans les deux niveaux de sous-sols : cuisine, cave avec tine en pierre, cuverie, saloir, garde-manger et une cuverie au-dessous. Etaient rattachés à ces niveaux les espaces réservés aux gens de maisons : chambre du marmiton et des « récureurs », des laquais, du confesseur. À l’étage se tenaient la salle haute, les chambres principales, dont celles de madame et du marquis. Au nombre de quatre, elles étaient distribuées par une galerie. Les chambres des maîtres de maison disposaient d’une antichambre, d’un cabinet et même d’une chambre pour les femmes de chambre de madame. En effet, Henriette de Durfort, issue de la prestigieuse famille de la Tour d’Auvergne, disposait de son propre personnel.

  • Murs
    • schiste
    • granite
    • grès
    • brique
    • enduit
    • maçonnerie
    • pierre de taille
    • moellon
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    2 étages de sous-sol, 1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés
    • toit conique
  • État de conservation
    restauré
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • armoiries
    • urne
    • palme
    • feuille
  • Précision représentations

    Les armoiries des Bourbon-Malauze se détachent sous le cordon qui sépare les deux niveaux de sous-sols. Des palmes et des motifs feuillagés ornent le cul-de-lampe de la tourelle. Une urne sculptée en haut-relief surmonte les fenêtres du second niveau de sous-sol. Les encadrements de fenêtres sont à bossage gaufré, ainsi que les chaînes d'angles,

Champs annexes au dossier - Architecture

  • NOTB_G Béa (Adeline), La montagne tarnaise au temps des châteaux, Toulouse, Collection "Images du Patrimoine, n° 315", 2021, p. 156-157 ; Congnard (Georges), « Arsenal d’un seigneur dans l’Albigeois au XVIIe siècle (Louis de Bourbon-Malauze, seigneur de Lacaze) », dans B.S.S.A.B.L.T., t. XXXIX, 1984-1985, p. 177-182.Corbière (Philippe), La famille de Bourbon-Malauze et le château de Lacaze, étude historique dans Chroniques du Languedoc, Montpellier, 1878, vol 4 ; Nauzières (Raymond), "Lacaze en Sénégats, ses comtes, ses légendes", dans Revue du Tarn, 1937, pp. 346-349 ; Nauzières (Raymond), Le château de Ferrières, Impr. Générale du Midi, Montpellier, 1913, 118 p. ; Lafon (Paul), « Les Bourbon-Malause et le Tarn », Bulletin de la Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres du Tarn, n° XLVIII (nouvelle série), année 1994 (AD Tarn, BIB C 3364-39).
  • NOTB_S AD Tarn, 3 E 45 / 110, Louis de Bourbon-Malauze, Inventaire après-décés, 19 décembre 1667, à Lacaze, Martel notaire. AD Tarn, 3 E 10/43, Albi, Minutes de Jean-Pierre Trosselhier, 1743-1744, Inventaire des effets de M. Armand de Bourbon marquis de Malause, 27 juillet 1744, fol. 12 v° - 58 r°.
  • APPA
  • APRO
  • ARCHEO
  • AVIS
  • CCOM Sidobre Vals et Plateaux
  • CHARP
  • CHARPP
  • COORLB93
  • COORMLB93
  • COORMWGS84
  • COORWGS84
  • ENCA
  • EPID
  • ESSENT
  • ETACT
  • FEN
  • FEN2
  • FENP
  • INTER
  • MHPP
  • NOPC
  • OBSV
  • PAVIS
  • PETA_MA
  • PLU
  • PSAV_FA
  • SAV_FA
  • SELECT oeuvre sélectionnée
  • TAILL
  • TAILLP
  • TOITU
  • USER IVD81_ABEA
  • VALID accessible au grand public
  • VISI
  • VISIB
  • VOIR_AUSSI
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1927/07/13
  • Précisions sur la protection

    château : inscription par arrêté du 13 juillet 1927

  • Référence MH
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Date(s) d'enquête : 2010; Date(s) de rédaction : 2010, 2015
(c) Inventaire général Région Occitanie
Chabbert Roland
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