Les fermes du canton de Saint-Céré restent peu étudiées aujourd'hui (16 notices concernant l'architecture rurale), mais sont partiellement connues grâce à une série de photographies allant des années 1950 aux années 1990 (environ 75 illustrations provenant du fond Cayla). Cette documentation est complétée par des repérages réalisés par Quercy Recherche, l'UDAP, l'Inventaire général et le Pays d'Art et d'Histoire du CAUVALDOR.
Le repérage des vestiges médiévaux dans l'architecture civile (2005-2008) n'a pas permis pour le moment d'identifier un habitat rural antérieur au 15e siècle dans les campagnes du canton. Les informations concernent les zones plus densément bâties comme les villes et villages, en particuliers les communes développées à partir d'un castrum (Saint-Laurent-les-Tours, Autoire, Saint-Céré, Mayrinhac-Lentour).
Au lendemain de la guerre de Cent Ans, les campagnes du Quercy se drapent d'une multitude de fermes agro-pastorales se développant en majorité en hameau. Quelques spécimens sont issus de transformations d'édifices médiévaux (ancienne borie de la Maynardie à Saint-Céré). Cependant, les formes d'habitat rural clairement identifiables permettent de dater les constructions les plus anciennes au 15e siècle (notamment à Saint-Jean-Lespinasse). Les datations sont obtenues par l'observation des formes et ornements des ouvertures. La documentation révèle un certain nombre de manoirs depuis le 15e et 16e siècle.
Une seconde grande phase de travaux est observée au cours des 18e et 19e siècles. On dénombre aussi bien des reconstructions que des agrandissements et des adjonctions. Des pièces supplémentaires sont aménagées dans le logis (chambre à coucher) et des bâtis annexes sont construits pour séparer les activités, auparavant regroupées (en rez-de-chaussée utilitaire pour les maisons en hauteur). Ainsi sont ajoutés : soue à cochons, pigeonnier, poulailler, séchoir, four, etc.
Enfin, l'essor économique enrichit certains propriétaires qui l'expriment par l'agrandissement et l'embellissement de leur logis. Un pigeonnier-tour peut être accolé à la maison dont la façade a été homogénéisée (réfection et alignement des baies). Pour les maisons en hauteur, l'escalier extérieur peut être replacé dans l'axe de façade afin de monumentaliser l'entrée de la maison (Saint-Laurent-lès-Tour).
Comme pour la vallée de la Tourmente (canton de Martel), les granges peuvent être surmontées d'un pigeonnier en mur-pignon (Saint-Céré). Les millésimes qui arborent très souvent les portes révèlent une multitude de constructions ou reconstruction des granges au cours du 19e et du début du 20e siècle.