Dossier d’œuvre architecture IA34010336 | Réalisé par
  • enquête thématique régionale, Littoral d’Occitanie
Redoute de Ballestras
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton région Occitanie
  • Commune Palavas-les-Flots
  • Lieu-dit
  • Adresse Parc du Levant Albert-Edouard, îlot dans l'étang du Grec ,
  • Précisions
  • Dénominations
    redoute
  • Appellations
    Redoute de Ballestras, Fort de Ballestras
  • Destinations
    redoute, réservoir, château d'eau, musée

Thématique principale : Défense militaire des côtes. Thématique secondaire : Signalisation et surveillance des côtes.

La redoute de Ballestras est construite à partir des années 1740 dans le cadre du vaste programme de défense du littoral languedocien mis en œuvre sous le règne de Louis XV. Conçu par Jacques-Philippe Mareschal, directeur des fortifications du Languedoc, ce dispositif répond à la menace désormais permanente que fait peser la présence britannique en Méditerranée et, dans le contexte de la guerre de Succession d’Autriche, au risque d'un débarquement sur les côtes de la province.

Mareschal conçoit un système défensif échelonné le long du golfe du Lion associant trois catégories principales d'ouvrages : des signaux destinés à la surveillance et à la transmission de l'alerte, des redoutes simples établies notamment aux graus et armées d'une artillerie légère, et de grandes redoutes à batteries destinées à interdire l'approche des principales embouchures. La redoute de Palavas est une redoute simple.

Les travaux, engagés dès 1741, sont conduits malgré les réticences des États de Languedoc devant les dépenses imposées à la province. Mareschal bénéficie du soutien du directeur général des fortifications, le maréchal marquis d'Asfeld, du secrétaire d'État à la Guerre, le comte d'Argenson, et de l'intendant de Languedoc Jean Le Nain. En février 1746, douze ouvrages sur la vingtaine prévue sont entièrement achevés.

Édifiée en 1744 au grau de Ballestras, elle favorise l’installation d’un village de pêcheurs, les « Cabanes de Ballestras », berceau de l’actuel Palavas-les-Flots. Elle conserve une fonction défensive et de surveillance jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Au début du XXe siècle, elle est décapitée et transformée en réservoir d’eau (1906). En 1943, un château d’eau en béton est construit autour d’elle, l’englobant complètement.

Entre 1991 et 1992, à l’initiative de la commune et avec le concours des Compagnons du Devoir, la redoute est démontée pierre par pierre (environ 300 à 2 000 tonnes selon les sources) et reconstruite à l’identique sur un îlot de l’étang du Levant. Elle abrite depuis le Musée Albert Dubout.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 18e siècle , datation par source
    • Secondaire : 4e quart 20e siècle , datation par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Mareschal Jacques-Philippe-Éléonore
      Mareschal Jacques-Philippe-Éléonore

      Jacques-Philippe-Éléonore Mareschal naît à Paris en 1689 dans une famille relativement aisée. Son père, Claude-Nicolas Mareschal, est contrôleur des domaines du roi à Belfort ; deux de ses frères, Gilbert et Claude, embrassent également la carrière d’ingénieur. Formé très jeune au métier des fortifications, Jacques-Philippe Mareschal entre dès l’âge de quatorze ans dans le corps royal du génie, sous l’autorité du marquis d’Asfeld. Il commence sa carrière à Belfort, où il participe aux travaux de fortification et mène également des projets d’architecture militaire. Il épouse à Belfort, le 25 janvier 1718, Jeanne-Claude Ferrier.

      Sa carrière se poursuit dans les places de l’Est du royaume. Il est notamment ingénieur en chef à Belfort puis à Strasbourg à partir de 1729, avant d’être nommé directeur des fortifications de Bourgogne en 1738. Cette première partie de sa carrière lui donne une solide expérience de la fortification, de la topographie et de la conduite des grands chantiers militaires.

      À la fin de l’année 1739, Mareschal est nommé directeur des fortifications du Languedoc et s’installe à Montpellier. Il conserve cette fonction pendant près de quarante ans, jusqu’à la fin de sa carrière. Son activité dépasse largement le seul domaine de la fortification : ingénieur du roi, architecte et aménageur, il intervient sur les places fortes, les ouvrages portuaires et littoraux, mais aussi sur plusieurs grands chantiers civils et urbains de la province. Il est notamment associé aux aménagements des Jardins de la Fontaine à Nîmes, qui comptent parmi ses réalisations les plus célèbres.

      Dès 1740, dans le contexte de la guerre de Succession d’Autriche et face à la présence britannique durable en Méditerranée, la monarchie lui confie l’élaboration d’un système cohérent de défense du littoral languedocien. Après une reconnaissance de la côte effectuée au début de 1741, Mareschal conçoit un réseau défensif s’étendant de la frontière du Roussillon à la Camargue et associant ouvrages existants, obstacles naturels et constructions nouvelles. Son projet, remanié à plusieurs reprises entre 1741 et 1743, aboutit à un véritable système architectural reposant sur des modèles normalisés : signaux, redoutes simples, redoute à canons et batteries destinées aux principaux graus. Les travaux, engagés à partir de 1743, sont achevés pour l’essentiel en 1746.

      Ce « système Mareschal » constitue l’une des réalisations majeures de sa carrière en Languedoc. Il repose moins sur la fortification bastionnée traditionnelle que sur un réseau de tours et de redoutes adaptées à la configuration particulière du littoral, destinées à assurer l’observation, la transmission rapide de l’alerte et, aux points stratégiques, la résistance à un débarquement. La redoute de Ballestras, au grau de Palavas, appartient au type des redoutes simples de ce dispositif.

      Mareschal poursuit parallèlement son activité dans l’ensemble de la province. En 1752, il rédige à Montpellier un important « Mémoire sur les places fortes du Languedoc et sur les ouvrages publics de la même province » qui témoigne de l’étendue de ses responsabilités et de sa connaissance du territoire. Il demeure directeur des fortifications du Languedoc pendant plusieurs décennies et exerce son activité jusqu’à un âge avancé. Il meurt en 1778.

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      ingénieur militaire attribué par source

La redoute de Ballestras est une construction de plan carré, aux murs fortement talutés, correspondant au modèle de « redoute simple » adopté par Jacques-Philippe Mareschal dans son troisième projet de défense du littoral languedocien, élaboré en 1743. Plus large que les simples signaux dont elle reprend le principe général, elle présente une silhouette massive, légèrement pyramidale, destinée à assurer à la fois la surveillance du littoral et la défense du grau.

L'élévation comprend deux niveaux surmontés d'une terrasse. L'accès primitif s'effectuait au niveau supérieur par une porte ménagée à plusieurs mètres au-dessus du sol, atteinte au moyen d'une échelle mobile, disposition destinée à rendre l'ouvrage plus difficilement accessible en cas d'attaque. Les murs sont percés d'étroites ouvertures verticales. Le niveau supérieur est couvert de voûtes maçonnées, substituées aux planchers initialement prévus afin de renforcer la cohésion de la construction et de supporter la terrasse sommitale.

La partie supérieure est ceinturée par un parapet porté ponctuellement en encorbellement sur des mâchicoulis. Des ouvrages saillants marquent les angles. Au centre de la terrasse s'élève le dispositif destiné à la transmission des signaux, permettant de communiquer avec les autres postes de la ligne de surveillance par pavillons le jour et par feux la nuit.

Conçue pour accueillir jusqu'à une vingtaine d'hommes en période de conflit, la redoute se distingue ainsi des simples tours-signaux par ses dimensions et sa capacité défensive, tout en demeurant intégrée au réseau de surveillance du littoral.

L'édifice visible aujourd'hui résulte du démontage puis du remontage de la redoute sur un îlot de l'étang du Levant. Cette reconstruction a conservé la silhouette générale de l'ouvrage, avec son plan carré, ses murs talutés, ses ouvertures étroites, son couronnement en encorbellement et sa terrasse supérieure. Son déplacement a toutefois profondément modifié son rapport au site : initialement construite au débouché du Lez afin de contrôler le grau de Palavas et d'observer directement la mer, la redoute se trouve désormais isolée au milieu de l'étang du Levant.

  • Murs
    • pierre pierre de taille
    • pierre moellon
  • Toits
    pierre en couverture
  • Plans
    plan carré régulier
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
  • Couvertures
    • terrasse
  • Typologies
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à étudier

Bibliographie

  • BLANCHARD Anne "La Défense des côtes languedociennes à l'époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle)" in GARIDOU Jean, BLANCHARD Anne. L'Homme et les espaces maritimes (XVIe-XVIIIe siècle). Palavas-les-Flots : Centre d'Etudes et de Rencontres Méditerranéennes, 1998, (Les Cahiers du CERM ; 1) pp. 105-117.

    CDPR Région Occitanie - site de Montpellier : # (Lang) B 6692
  • MILLOT Caroline, "Jacques-Philippe Mareschal (1689-1778) : une personnalité au service de l’architecture militaire en Languedoc au XVIIIe siècle". In: Acteurs célèbres et obscurs de l’aménagement du territoire. Actes du 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, «  Célèbres ou obscurs : hommes et femmes dans leurs territoires et leur histoire  », Bordeaux, 2009. Paris : Editions du CTHS, 2014. pp. 17-29. (Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, 134-13)

    www.persee.fr/doc/acths_1764-7355_2014_act_134_13_2602

  • CATARINA Didier, « Jacques Philippe Éléonore Mareschal et la défense du littoral languedocien (1740-1746) », dans LOUVIER Patrick (Dir.). Le Languedoc et la mer (XIVe-XIXe siècle). Montpellier : Presses universitaires de la Méditerranée, 2020 [1re éd. 2012], pp. 37-60.

    CDPR Région Occitanie - site de Montpellier : # (Lang) B 11435
  • RIBIERE Henri, ADGE Michel, CATARINA Didier et al. La route des fortifications en Méditerranée. Paris : Les Editions du Huitième Jour, 2007. 184 p.

    CDPR Région Occitanie - site de Montpellier : # IV B 9106
  • BLANCHARD Anne. Ingénieurs du roi en Languedoc au 18e siècle. s.l. : s.n., 1962. 10 p. (Histoire moderne et contemporaine).

    CDPR Région Occitanie - site de Montpellier : # T1 (Lang) 1090
  • RIEUCAU Jean, "Le Roussillon et la mer", in CHOLVY Gérard et RIEUCAU Jean (Dir.), Le Languedoc, le Roussillon et la mer des origines à la fin du xxe siècle (1960-1990), actes du colloque de la Fédération Historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon, Sète 8-10 juin 1990, t. I, Paris, L’Harmattan, 1992, p. 51-66.

    CDPR Région Occitanie - site de Montpellier : # II FH 29 (1)
Date(s) d'enquête : 2026; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Inventaire général Région Occitanie