Une maison organisée selon un plan en U existe à cet emplacement dès le cadastre de 1837. Implantée sur la parcelle 1051 de la section de la ville, elle appartient à Bernard Colomic. D'après les registres cadastraux, elle a été reconstruite entre 1845 et 1848 et étendue en 1860, toujours par la famille Colomic. C'est cet édifice nouvellement construit qui est représenté dans une lithographie d'André Durand (1807 - 1867) publiée par Hureau-Bachevillier au milieu du 19e siècle. Elle montre un ensemble en U autour d'une cour : le corps de logis occupe le fond de la cour tandis que deux ailes plus basses sont disposées en retour. La travée centrale du corps de logis est entourée de bossages qui répondent aux chaînes d'angle et est couronnée par un fronton à la forme complexe. Une corniche denticulée souligne le sommet de la façade du corps principal. La cour est alors séparée de l'allée d'Etigny par une grille portée par un mur-bahut.
Dans le plan publié par Lambron en 1860 (op. citée p. 331), la maison est recensée parmi les biens mis en location pendant la saison des eaux. Bernard Colonic y est mentionné comme premier adjoint de la ville. Sur les plans de 1873 et de 1882, la maison est toujours louée aux curistes et appartient à Lucien Colomic qui, en 1882, est également premier adjoint. C'est encore le cas en 1898 et la propriétaire est désormais la veuve Colomic. La maison est photographiée par Amélie Galup le 12 août 1896 (07-535108, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine). Elle est alors séparée de l'allée par une grille sur mur-bahut et l'escalier d'accès est à volées symétriques. Un jardin se déploie derrière la maison selon le parti classique de l'hôtel entre cour et jardin.
Mme Colomic lègue en 1928 l'édifice à la ville de Bagnères-de-Luchon afin qu'elle y installe la mairie, jusqu'alors située dans le centre ancien. La famille Colomic était fortement liée à la ville car trois de ses membres avaient été premier consul ou maire, Pierre à la fin du 17e siècle Henri en 1784, 1792-1793 et 1814 et Lucien en 1884-1886.
Le 13 septembre 1881, c'est dans cette maison que serait mort Romain Cazes, qui était venu à Luchon restaurer ses peintures de l'établissement thermal.
Le réaménagement en mairie a entraîné la surélévation de l'ensemble par un étage d'attique. Les ailes semblent avoir été reconstruites et viennent couper les travées latérales du corps central. En 1929, l'escalier monumental du premier état du casino, rendu superflu par les nouveaux aménagements, a été intégré devant la mairie qu'il a contribué à monumentaliser.