Dossier d’œuvre architecture IA31006510 | Réalisé par
  • patrimoine industriel, patrimoine industriel et paysager des papeteries de Haute-Garonne
Ancien foulon, ancienne papeterie de la société Lacroix, actuellement usine hydroélectrique
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Conseil départemental de la Haute-Garonne
  • (c) Inventaire général Région Occitanie

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Haute-Garonne
  • Hydrographies Garonne
  • Commune Saint-Martory
  • Adresse 419 rue du Foulon
  • Cadastre 2024 AD 250, 254, 255 Parcelle 250 : canal d'amenée. Parcelle 255 : ancienne papeterie. Parcelle 254 délimitée à l'intérieur de la parcelle AD 255. ; 1811 C 329, 330
  • Dénominations
    moulin, usine de papeterie, centrale hydroélectrique
  • Appellations
    Le Foulon
  • Autres parties constituantes
    maison, transformateur

L'ancienne papeterie du Foulon de Saint-Martory a appartenu à la société L. Lacroix fils de 1924 à 1977. Elle constitue la dernière papeterie commingeoise acquise par l'entreprise après celles de Mazères-Nord, Mazères-Sud et Cassagne. Cette politique d'expansion permet à la société de constituer un important pôle de production de papier à cigarettes dans la vallée du Salat et de la Garonne. Contrairement aux autres établissements du groupe, alimentés par les eaux du Salat, l'usine de Saint-Martory utilise la force hydraulique de la Garonne. Le toponyme de "Foulon" demeure attaché au site, bien que l'ancien moulin foulon ait disparu dès le 19e siècle.

L'histoire de la papeterie du Foulon de Saint-Martory

La papeterie est établie à l'emplacement d'un ancien foulon dont la démolition est portée sur la matrice cadastrale en 1869 afin de permettre la construction d'une papeterie (AD31, 2 E 7664. Matrice de rôles de propriétés bâties, 1821). L'établissement appartient alors à Louis Bonemaison, déjà propriétaire d'une scierie. En 1873, celui-ci fonde la société en nom collectif "Louis Bonemaison et Cie" avec Henri Dupeyron, Camille Labatut, Alexandre Mignot de Guilhem et Isidore Janole, également fabricant de papier à Mazères-sur-Salat. La papeterie connaît rapidement un développement important. Dans sa monographie communale de 1885, l'instituteur Dufour mentionne une usine employant près de 80 ouvriers et ouvrières et produisant quotidiennement environ trois tonnes de papier destinées principalement à l'impression des journaux (AD31, BH br 4 496. Monographie communale de Saint-Martory, par Dufour, 1885). Afin d'assurer son approvisionnement en matière première, plusieurs associés créent en 1882 à Labarthe-Inard la société "Bonemaison, Dupeyron et Cie", spécialisée dans la fabrication de pâte de bois mécanique pour papeterie (AD31, 6 U 2 362. Acte de création de la société "Bonemaison, Dupeyron et Cie", 20 février 1882).

À la suite du retrait d'Isidore Janole et du décès d'Alexandre Mignot de Guilhem, la société est réorganisée en 1891 sous la dénomination de "Société anonyme des Papeteries du Foulon de Saint-Martory" (AD31, 4 U 31 96. Acte de dépôt des statuts de la S.A. de la papeterie du Foulon de Saint-Martory, 1er août 1891). Louis Bonemaison en demeure l'une des figures principales tandis que Victor Dupeyron est nommé directeur adjoint en 1898 (AD 31, 6 U 2 364. Extrait des délibérations de l'assemblée des actionnaires de la S.A. de la papeterie du Foulon, 10 février 1898). Au début du 20e siècle, plusieurs augmentations de capital sont réalisées afin de moderniser les équipements industriels. Malgré ces investissements, les difficultés économiques conduisent à la dissolution anticipée de la société en mars 1924 (AD 31, 4 U 31 96. Procès-verbal de l'assemblée générale extraordinaire de la S.A. de la papeterie du Foulon, 29 mars 1924). La liquidation est confiée à Henry Tissier, directeur des papeteries Monfourat (33) et Bertrand Navarre, second administrateur de l'union française de papeteries et frère de l'un des administrateurs des papeteries Navarre (82).

La même année, la société L. Lacroix fils se porte acquéreur des papeteries du Foulon et de Labarthe-Inard (AD31, 134 J 64. Note de service adressée au personnel de la papeterie du Foulon, 12 mars 1924). Elle entreprend d'importants travaux de modernisation comprenant l'installation de nouvelles turbines, de galeries filtrantes, de lessiveurs, de piles à pâte et de chaudières. Une nouvelle machine à papier est montée en 1926 et l'usine entre pleinement en activité en janvier 1928 (AD31, 134 J 8. Registre des procès-verbaux du conseil d'administration de la société L. Lacroix fils, 1925-1951). L'établissement est alors intégré au groupe papetier commingeois de la famille Lacroix et se spécialise dans la fabrication de papier à cigarettes, comme les usines de Mazères-sur-Salat et de Cassagne.

Le site comprend plus d'une quinzaine de bâtiments consacrés à la production, au stockage et aux services annexes. Quelques logements destinés aux ouvriers et au contremaître sont également aménagés à proximité immédiate de l'usine. Malgré les modernisations engagées par la société Lacroix, la papeterie est progressivement affectée par les difficultés économiques qui touchent l'industrie papetière au cours de la seconde moitié du 20e siècle. La fermeture définitive intervient en 1977.

L'ancienne papeterie a depuis conservé l'essentiel de son organisation et de son bâti industriel. Reconverti, le site accueille aujourd'hui une centrale hydroélectrique, perpétuant ainsi l'exploitation de l'énergie hydraulique qui a présidé à son implantation..

  • Période(s)
    • Principale : 20e siècle
    • Secondaire : 19e siècle

L'ancienne papeterie du Foulon comprend près d'une quinzaine de bâtiments, aujourd'hui majoritairement inoccupés. Le site a été vidé des machines et de l'outillage liés à la fabrication du papier. Il est accessible par un chemin situé en contrebas de la rue du Foulon. Un second accès, aménagé sous la forme d'une rampe reliant directement l'usine à la rue, permettait autrefois la circulation des ouvriers ; il est désormais obstrué par la végétation.

À l'ouest de l'ensemble se trouve l'ancien logement du concierge, qui comprenait également des bureaux. Cet édifice à deux niveaux est couvert d'un toit à deux pans en tuiles. Les façades enduites reposent sur un soubassement traité en faux appareil de pierre sur les élévations sud et ouest. Les ouvertures possèdent des encadrements en brique. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont protégées par des grilles métalliques tandis que celles de l'étage conservent leurs volets en bois. À l'arrière, un appentis en bois et en tôle protège plusieurs ouvertures de service.

Ce bâtiment est accolé à un ancien atelier ayant subi d'importantes transformations contemporaines. Ses élévations, partiellement dépourvues d'enduit, laissent apparaître une maçonnerie de brique et des linteaux en ciment. Couvert d'une toiture à deux pans en tuiles mécaniques, il communique avec un troisième corps de bâtiment de dimensions plus modestes.

Au sud se développe un bâtiment de plain-pied correspondant à l'ancienne salle des aspirateurs. Enduit au ciment et couvert d'un toit en appentis, il est aujourd'hui désaffecté. Seul l'espace central conserve quelques archives.

Ces différents bâtiments sont reliés par un passage couvert constitué d'une charpente en bois et d'une couverture métallique. Une verrière et une porte aménagées sur la façade ouest permettaient d'accéder aux turbines installées sur le canal d'amenée.

À l'est se trouve l'ancien bâtiment des lessiveurs, surmonté du local de triage des chiffons. Le rez-de-chaussée conserve une structure particulièrement remarquable composée de voûtains en béton reposant sur des poutres métalliques et une double rangée de colonnes en fonte creuse. Le sol garde les traces en négatif de plusieurs cuves cylindriques (piles hollandaises). À l'étage, les espaces sont éclairés par de nombreuses fenêtres latérales et par des châssis vitrés aménagés en toiture. Plusieurs trappes ménagées dans le plancher permettaient la communication entre les différents niveaux de production.

Cet ensemble est directement relié à l'ancienne salle des raffineurs et de la machine à papier. Occupant une surface supérieure à 1 000 m², ce vaste atelier est constitué de deux corps de bâtiment parallèles couverts de toitures en tuiles munies de longs châssis vitrés. La charpente mixte en bois et métal repose sur une rangée de colonnes en fonte creuse. Plusieurs traces au sol témoignent encore de l'emplacement des anciennes piles raffineuses. Une partie de la toiture du bâtiment situé au nord-est s'est effondrée, fragilisant l'ensemble de la structure.

Une cloison vitrée sépare cet espace d'un autre atelier qui servit successivement au triage puis à la menuiserie. Composé de deux volumes maçonnés en pierre et en brique, cet édifice est couvert d'une toiture en sheds dont le versant oriental est vitré.

Dans la partie orientale de la parcelle subsistent deux derniers bâtiments. Le premier, implanté au bord de la Garonne, n'a pu être observé en raison de la densité de la végétation ; il correspond à l'ancien établissement de bains et de douches utilisé à la fois par les ouvriers et par les habitants de la commune. Le second abritait les chaudières de l'usine. Élevé sur un seul niveau et couvert d'un toit à deux pans, il présente une structure mêlant maçonnerie de brique, charpente métallique et charpente en bois. Des châssis vitrés sont aménagés sur le versant nord de la toiture.

  • Murs
    • pierre maçonnerie enduit
    • brique maçonnerie enduit
  • Toits
    tuile mécanique
  • Couvrements
    • charpente mixte apparente
    • lambris de couvrement
  • État de conservation
    menacé, envahi par la végétation, mauvais état
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • AD 31, 3 P 4572. Extrait du plan cadastral dit napoléonien de Saint-Martory, section C du Bégué, 1ere feuille, 1811.

    AD Haute-Garonne : 3 P 4572
  • AD 31, 2 E 7664. Matrice de rôles de propriétés bâties, Saint-Martory, 1821.

    AD Haute-Garonne : 2 E 7664
  • AD 31, 6 U 2 362. Acte de création de la société "Bonemaison, Dupeyron et Cie", 20 février 1882.

    AD Haute-Garonne : 6 U 2 362
  • AD 31, BH br 4 496. Monographie communale de Saint-Martory, par Dufour, 1885.

    AD Haute-Garonne : BH br 4 496
  • AD 31, 4 U 31 96. Acte de dépôt des statuts de la S.A. de la papeterie du Foulon de Saint-Martory, 1er août 1891.

    AD Haute-Garonne : 4 U 31 96
  • AD 31, 6 U 2 364. Extrait des délibérations de l'assemblée des actionnaires de la S.A. de la papeterie du Foulon, 10 février 1898.

    AD Haute-Garonne : 6 U 2 364
  • AD 31, 134 J 64. Note de service adressée au personnel de la papeterie du Foulon, 12 mars 1924.

    AD Haute-Garonne : 134 J 64
  • AD 31, 4 U 31 96. Procès-verbal de l'assemblée générale extraordinaire de la S.A. de la papeterie du Foulon, 29 mars 1924.

    AD Haute-Garonne : 4 U 31 96
  • AD 31, 134 J 8. Registre des procès-verbaux du conseil d'administration de la société L. Lacroix fils, 1925-1951.

    AD Haute-Garonne : 134 J 8
  • AD 31, 26 FI 31 75. St-Martory, Papeteries Barthier et Foulon.

    AD Haute-Garonne : 26 FI 31 75

Documents figurés

  • AD 31, 2 E 7648. Plan de la papeterie du Foulon de Saint-Martory, échelle 1/2500, 7 septembre 1912.

    AD Haute-Garonne : 2 E 7648
Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2026
(c) Conseil départemental de la Haute-Garonne
(c) Inventaire général Région Occitanie