Le site de l'Augusteum connut une assez longue phase d'abandon pendant le Moyen Age, sauf le temple de Diane, affecté dès le Xe siècle comme chapelle d'une congrégation de Bénédictines. Fin XVIe-début XVIIe siècle - heurts avec les Protestants et 1621, Révolte des Rohan - le bâtiment fut sérieusement mutilé sur toute sa partie gauche, les pierres servant à consolider les fortifications de la ville. Les lieux disparurent sous des remblais, remis au jour au milieu du XVIIIe siècle à l'occasion de travaux sur le cours d'eau, l'Agau, essentiel à l'économie, et qui alimentait lavoirs et bassins de teinture. C'est ainsi qu'en 1739, eut lieu la grande redécouverte du complexe système de canalisation antique. Hubert Robert a peint l'intérieur du temple en 1787 (Paris, musée du Louvre).
L'architecte chargé par l'intendant de la province de diriger l'opération fut le parisien Jacques Philippe Mareschal, directeur des fortifications du Languedoc, assisté d'un architecte sorti de la dynastie locale des Dardailhon, Gabriel. De 1745 à 1760, il doit concevoir un jardin - en tenant compte des vestiges antiques - et créer un axe majeur pour les nouveaux quartiers de Nîmes, l'actuel Cours Jean Jaurès (qui ne prospéra qu'au XIXe siècle). Il prévoit de stocker 250 000 m3 d'eau, en construisant de nouveaux lavoirs et bassins pour les teinturiers. L'ingénieur est accusé de goût du faste, ce qui l'empêchera d'achever le projet pour ce qui concerne les parties hautes. Il avait prévu successions de terrasses dans le goût de la Villa d'Este, mais la municipalité rejeta le projet en 1755. Les grilles d'entrée sont oeuvre du ferronnier Leclair.
En 1819, Antoine Cavalier, Maire de Nîmes, fit aménager en les boisant les pentes de la colline située au nord, qui fut rebaptisée en son nom.
Jacques-Philippe-Éléonore Mareschal naît à Paris en 1689 dans une famille relativement aisée. Son père, Claude-Nicolas Mareschal, est contrôleur des domaines du roi à Belfort ; deux de ses frères, Gilbert et Claude, embrassent également la carrière d’ingénieur. Formé très jeune au métier des fortifications, Jacques-Philippe Mareschal entre dès l’âge de quatorze ans dans le corps royal du génie, sous l’autorité du marquis d’Asfeld. Il commence sa carrière à Belfort, où il participe aux travaux de fortification et mène également des projets d’architecture militaire. Il épouse à Belfort, le 25 janvier 1718, Jeanne-Claude Ferrier.
Sa carrière se poursuit dans les places de l’Est du royaume. Il est notamment ingénieur en chef à Belfort puis à Strasbourg à partir de 1729, avant d’être nommé directeur des fortifications de Bourgogne en 1738. Cette première partie de sa carrière lui donne une solide expérience de la fortification, de la topographie et de la conduite des grands chantiers militaires.
À la fin de l’année 1739, Mareschal est nommé directeur des fortifications du Languedoc et s’installe à Montpellier. Il conserve cette fonction pendant près de quarante ans, jusqu’à la fin de sa carrière. Son activité dépasse largement le seul domaine de la fortification : ingénieur du roi, architecte et aménageur, il intervient sur les places fortes, les ouvrages portuaires et littoraux, mais aussi sur plusieurs grands chantiers civils et urbains de la province. Il est notamment associé aux aménagements des Jardins de la Fontaine à Nîmes, qui comptent parmi ses réalisations les plus célèbres.
Dès 1740, dans le contexte de la guerre de Succession d’Autriche et face à la présence britannique durable en Méditerranée, la monarchie lui confie l’élaboration d’un système cohérent de défense du littoral languedocien. Après une reconnaissance de la côte effectuée au début de 1741, Mareschal conçoit un réseau défensif s’étendant de la frontière du Roussillon à la Camargue et associant ouvrages existants, obstacles naturels et constructions nouvelles. Son projet, remanié à plusieurs reprises entre 1741 et 1743, aboutit à un véritable système architectural reposant sur des modèles normalisés : signaux, redoutes simples, redoute à canons et batteries destinées aux principaux graus. Les travaux, engagés à partir de 1743, sont achevés pour l’essentiel en 1746.
Ce « système Mareschal » constitue l’une des réalisations majeures de sa carrière en Languedoc. Il repose moins sur la fortification bastionnée traditionnelle que sur un réseau de tours et de redoutes adaptées à la configuration particulière du littoral, destinées à assurer l’observation, la transmission rapide de l’alerte et, aux points stratégiques, la résistance à un débarquement. La redoute de Ballestras, au grau de Palavas, appartient au type des redoutes simples de ce dispositif.
Mareschal poursuit parallèlement son activité dans l’ensemble de la province. En 1752, il rédige à Montpellier un important « Mémoire sur les places fortes du Languedoc et sur les ouvrages publics de la même province » qui témoigne de l’étendue de ses responsabilités et de sa connaissance du territoire. Il demeure directeur des fortifications du Languedoc pendant plusieurs décennies et exerce son activité jusqu’à un âge avancé. Il meurt en 1778.