Le plus ancien plan connu de la station de Foncirgue date de 1765 ; il représente plusieurs fontaines qui appartiennent à M. de Mirepoix (AD Ariège, 8 M 28/1, plan, 1765). Ce plan figure une Grande fontaine (A), une Petite fontaine (B) et une barraque (C) qui, si l’on en croit des documents postérieurs (Jolieu 1859), pourrait correspondre à un premier bâtiment pour les bains. Les deux fontaines pourraient correspondre à deux premières buvettes.
La première analyse des eaux de Foncirgue connue date de 1800 et a été réalisée par le Dr Gabriel Fau. Il indique l’existence de trois petites sources distinctes et de deux autres sources au nord-ouest du site. Il mentionne la présence de « buveurs d’eau. En 1835, le préfet commande une analyse des eaux à A. Fau, pharmacien à Lavelanet : cette date est inscrite sur la fontaine de la buvette conservée. Sur le plan cadastral de 1843-1844 de La Bastide, on ne trouve mentionné que deux sources, de la même manière qu'en 1765. La grande fontaine est implantée à l'angle de la parcelle 904 et la petite fontaine à l'est de la parcelle 437, accompagnée de la mention "analysée en 1835". Au cours de la Révolution et dans les années qui ont suivi, des conflits ont éclaté concernant la propriété des eaux de Foncirgue (Garrigou,1889, p. 353-370). D’abord entre les communes du Peyrat et de La Bastide, puis entre ces communes et des particuliers. Le plan cadastral figure 4 points qui correspondent aux zones que les deux communes se disputent qui correspondent au terrain d'émergence de ces sources.
Jolieu qui décrit la station en 1859, évoque à nouveau trois sources minérales dont une seule, la source du Midi, alimente la buvette. La source dite orientale alimente les bains et douches. La 3e source se déverse dans la rivière mais Jolieu indique qu'elle contient plus de gaz que les deux autres et qu'il faudrait l'exploiter. Les sources ont par la suite renommées. La source de la Buvette et la Source des Bains, autorisées le 01/09/1880, sont identiques : une eau carbonatée calcique magnésienne d'une température 19,5°C et dont le débit n'est pas connu. La source de la Buvette coule librement à la buvette dans un bassin maçonné implanté sur l’émergence au sein d'un calcaire thanétien. La Source des Bains avait le même type de captage ; elle n'existe plus.
La source de la Buvette était aménagée à l'entrée d'une grotte ornée de rocailles, semi-enterrée dans une fosse ovoïde. La colonne de la fontaine porte la date de 1835 correspondant à la date de l'analyse des eaux. La buvette permettait la prise des eaux en boisson pendant la cure, à des moments particuliers de la journée, en plusieurs prises successives généralement, entrecoupées de promenades dans le parc de l’établissement et ici le long de la rivière. Il y avait généralement une ou plusieurs personnes dédiées à la distribution des verres d’eau à la buvette : c'est encore le cas en 1915 puisqu'une donneuse d'eau et ses enfants périssent lors de l'effondrement provoqué par le débordement de l'Hers. L’eau était également consommée à la table d’hôte de l’établissement lors des repas.
Vers 1920, deux pavillons sont construits, l'un au-dessus de la source de la Buvette, l'autre sur la source des Bains. Les abords de la source Buvette sont remaniés : la rocaille disparaît, l'escalier est transformé, une grille est installée autour de la fosse qui est agrandie et passe d'une forme ovoïde à un rectangle
L’eau de la source de la Paix, gazéifiée, est commercialisée à partir de 1948 sous le nom de Kirit ou Foncirguette ; celle de la source de la Buvette est vendue sous l’appellation d’eau naturelle. L’ensemble passe par héritage à la famille Arnaud en à la fin des années 1950. L’établissement est transformé en appartements et la production de limonade, soda et Foncirguette se poursuit jusqu’en 1968. En revanche, depuis 1960, l’autorisation d’exploitation de la source des Bains (sous le deuxième pavillon) est retirée en raison de sa pollution, le captage est démoli et les eaux sont rejetées à la rivière.