Archives départementales de l'Hérault, G 1061 (=2 Mi 206)
Visite pastorale de l'évêque Roger de Harlay en 1659 (extraits)
Le mardy 21 octobre 1659
« ...nous avons trouvé sur le grand autel une bonne pierre sacrée couverte de trois nappes, un devant d'autel de satin à fleurs rouges où sont les armes de M. de Vantadou, deux coussins de soye blanche et rouge faits à lesguille, un Te igitur, deux chandeliers de bois, un grand tableau enchâssé entre deux pilliers de plastre, qui représente le martyre de st Estienne.
Au bas de l'église sous la tribune dans un grand vase de pierre qui est sur un piédestal sont conservées les eaux baptismales; ledit vase n'est couvert que d'une lauze; les crémières sont en bon estat.
Derrière le grand autel, il y a une petite sacristie où nous avons trouvé un calice d'argent avec la patène pesant deux marcs donnez par le prieur à l'église, une croix de leton doré pour les processions, un encensoir de leton, les susdites crémières sont de leton doré, un soleil de leton donné partie par le prieur et partie par les confrères, un bon missel et un rituel;
une chasuble, estole et manipule de damas rouge garnie d'un passement d'or;
autre chasuble, estole et manipule de damasquin rouge
un devant d'autel de cadis jaune,
autre devant d'autel de toile peinte
autre devant d'autel de damas à fleurs rouges avec un crucifix au milieu,
autre devant d'autel jaune à fleurs
un voile de calice à fond de soye verte relevé d'un passement or et argent donné partie par le prieur et partie par Maistre Birouste p[rê]b[t]re.
Autre voile de satin à fleurs avec des croix d'argent
autre voile de satin vert avec une petite dantelle d'argent
autre voile de tafetas blanc avec un petit galon d'argent
deux bourses garnies de leurs corporaux, purificatoires et pales,
deux coussins de satin moucheté
une écharpe avec une frange de soye donnée par Madame de Gourgas,
deux aubes de toille de Rouen, l'une neuve et l'autre vieille avec leurs amits et cordons,
une nappe de communion
Le presbytère est voûté et n'est pas encore pavé dans ledit presbytère.
Il y a trois bancs qui l'occupent presque tout, qui appartienent aux seigneurs de St Estienne, de Gourgas et Aubaygue, et un autre qui est tellement incommode que les prestres ne peuvent pas tenir dans ledit presbytère d'un costé et d'autre pour y faire le service divin.
Hors ledit presbytère du costé de l'Evangile, il y a une chapelle de Nostre dame dont l'autel est couvert de deux nappes sans pierre sacrée, un devant d'autel de rezeul, un tableau avec son quadre donné par le seigneur, deux petits coussins rouges.
Ladite chapelle appartient audit seigneur de St Estienne qui y a fondé une messe annuelle le mercredy avant la feste de Noël et pour cet effet a donné six livres de rente pour faire dire ladite messe où doivent assister six prestres, com[m]e il appert par la fonda[ti]on.
Il y a une confrérie du st sacrement, à qui appartienent les choses suivantes, quatre chandeliers d'estain fin, un devant d'autel de rezeul, autre devant d'autel dont le fond est de laine violette, un daiz semblable avec une frange de soye, une escharpe de toille.
Il y a deux bassins du st sacrement et des âmes du purgatoire. […]
Il y a 250 communiants dans toute la parroisse
Dans le clocher, il y a deux cloches, l'une de 13 quintaux et l'autre de 60 livres ou environ. Ledit clocher a esté rebasti par ledit prieur, avec la tribune.
La maison claustrale est occupée par le seigneur
A la requeste de nostre promoteur
Nous avons ordonné de faire mettre un surciel au grand autel de faire un pluvial de l'estoffe que le prieur a achetée, d'acheter un ciboire doré par dedans, et une petite boeste aussy dorée par dedans le tout d'argent, de paver le presbytère, de mettre un châssis de toile cirée à la fenestre de la tribune, de blanchir les voûtes et fermer le cimetière.
Que le susdit banc appartenant aux cadets d'Aubaygues sera osté dudit presbytère, et mis dans la place la plus honorable de la nef;
que les laïques ne seront point enterrez dans ledit presbytère qui est le lieu destiné pour les prestres;
que le seigneur fera bastir une maison claustrale,
que les habitants chercheront un maistre d'escolle
que les blasphémateurs payeront et à l'église et au dénonciateur »
Registre de la fabrique de Saint-Etienne-de-Gourgas, 1822-1844
En 1823, il y a bancs (qui ont propriétaires) et des chaises (qui ont locataires). On décide quelques modifications pour faciliter le culte, notamment la procession du Saint-Sacrement ;
Le 26 novembre 1828, on a planté une croix de mission sur le chemin du château, avec indulgences.
5 janvier 1823, on nomme deux personnes « « pain-bénitiers » ou distributeurs du pain sanctifié par les prières de l'église »
« Le 24 mars de la même année 1823, les demoiselles de la paroisse m'ont donné à moi curé soussigné 28 francs de leur quête pour la ? qui ont servi l'achat du piédestal pris chez M. Castel bijoutier à Lodève.»
Budget 1824 :
27 francs pour des carreaux de brique pour le choeur
« avoir donné à M. Dactis orfèvre à Montpellier dix-neuf francs pour avoir doré et argenté le calice ».
Devis estimatif d'une sacristie à faire à l'église, 1823, mais aussi pour un plafond au-dessus de la tribune
Juillet 1823 :« L'église de Saint-Etienne-de-Gourgas a la réputation bien méritée d'être dénuée de tout et que, sans doute pour cette raison, elle doit s'attendre à ne réparer que par suite de temps les brèches d'une fureur révolutionnaire dont il lui est resté tous les résultats. Il lui est néanmoins très difficile pour ne pas dire impossible de réparer les pertes attendu que la fabrique se trouve sans revenu quelconque» (Parlages et Aubaigues sont alors séparées de Saint-Etienne).
En plus de la sacristie, « elle manque également d'un vestiaire et à peu près de toutes les dépenses extérieures, comme de tous les ornements, chappes et linges de sacristie, exception faite des deux aubes qu'on vient de faire et d'offrir en don, de deux chasubles encore toutes percées ou rapiécées, indécentes, sans parler de quelques autres si vieilles et si indécentes qu'elles ne sont absolument bonnes à rien ; sans niche pour exposer le saint sacrement ; sans bénitier pour le service du dehors ; sans encensoir qui puisse servir ; sans […] tableau dans l'église ; sans chaire d'église... » Ils demandent l'aide du ministère des cultes.
4 janvier 1824 : reddition des comptes de 1823 : recettes : on a fait une « quette pour l'encensoir qui a produit 17 livres 15 sous »
dépenses : « avoir payé à Monsieur castel, bijoutier, la somme de 32 francs »
« 12 francs au sieur Grimal ferblantier »
14 mars 1824 : on décide du prix des places au cimetière (« sémitière ») : 100 francs pour une place « avec pierre sépulcrale gravée d'une épitaphe »;
du prix des sonneries de cloches
9 février 1824 : « M. Jean Jourdevat (ou Viourdevat ?), menuisier de Lodève, s'est chargé de fournir une chaire à prêcher en bois de noyer et proprement faite, moyennant la somme de 50 francs que M. le sous-préfet de Lodève a bien voulu accorder à l'église de St-Et. » Elle est sur le modèle de celle des pénitents blancs de Lodève.
Compte de 1824 : « pour doublure de la chappe et de l'ornement, 21 francs »
« Baillé à Monsieur Castel pour les galons en soie et en faux, grands et petite pour l'ornement de cadeau de Mme Gros de Gourgas, comme pour l'abonner. L'ornement noir renouvellé et pour le voile du saint sacrement, comme pour frange du dé, donné par Dame Gros, comme aussi pour frange du voile d'exposition, et pour étolle pastorale avec ses galons... 118 francs »
Dépenses présumées pour 1826
« pour un tableau avec son cadre au maître-autel ; lors de la révolution, il fut enlevé, et depuis lors il n'a pas été possible de se procurer des fonds pour en acheter un »
« pour une chappe noire [...] pour une chappe de couleur »
« Excepté une vieille chappe en fond blanc, deux veilles chasubles qui n'ont pas excité la cupidité de la Révolution, par leur pauvreté, à présent tout à fait indécentes. »
« L'an 1827 et le 26 décembre a été solennellement béni par Monsieur le curé, assisté de plusieurs ecclésiastiques, en présence de messieurs les administrateurs de la commune et d'un très grand nombre de fidelles le tableau représentant saint Etienne, patron principal de la paroisse. Ce monument de piété était vivement désiré depuis longtems ; mais les malheurs du temps ne permirent point de l'élever jusqu'à ce jour, où Monsieur Advinenq artiste, digne d'habiter une région plus fortunée, passant dans ses voyages par Lodève, voulut bien laisser à notre paroisse des vestiges de son talent. Il travailla le tableau avec ce goût qui s'y fait remarquer, moins pour ses intérêts pécunières que pour se rendre utile à la paroisse, qui ne voulait point se laisser vaincre en bienfaits, se cotisa pour lui fournir un honoraire de 450 francs, produit d'offrandes volontaires, qui furent préalablement à l'ouvrage. Le cadre a été travaillé par Mr Raspay pour le prix de 180 francs. Le tout a été payé par les libéralités des fidelles. »
15 juin 1828 : décision ferme de construire une sacristie.
Dimanche de Quasimodo 1833 : un don de 300 francs est fait pour la construction d'une « chapelle parallèle à celle de la Sainte Vierge qui existe déjà » ; la fabrique l'accepte.
16 octobre 1835, il est question d'un agrandissement de l'église, que l'on décide de faire. 400 francs viennent de la commune, 700 francs du gouvernement, le reste de personnes pieuses. Les travaux sont faits en 1836.
1838 : la tribune menace ruine certaine
Les travaux doivent continuer dans les années qui suivent. En 1842, on en prévoit d'autres, remédiant à des mouvements éventuels de murailles.
Octobre 1842 : le Président dit : « J'ai entre les mains une somme de trois cents qui m'a été remise par Melle Julie Guimont (?) à l'effet d'acheter un saint ciboire et un appui de communion pour le maître-autel […] Les membres du conseil et du bureau considérant :
1° Que le ciboire que l'église possède est trop petit pour les grandes fêtes
2° que l'appui de communion existant est dans un état presque indécent », acceptent.
3 mai 1843 : Saint-Etienne réclame l'administration de Parlatges
juillet 1843 : « la muraille de l'église du côté de la rue réclame un contrefort au pillier de l'angle qui menace une ruine prochaine.
Parlatges tient beaucoup de sa notoriété aux miracles qui s'y produisirent, concernant les infirmités de la langue. Texte de cantique (IMGP1314). La fête est le 8 septembre, jour de la Nativité.
Registre des délibérations de Saint-Etienne-de-Gourgas, 1845
premier avril 1845, arrivée du curé Pierre Nougaret
2 août 1846 : on apprend que Louis Guionnet, propriétaire, a fait don de 300 francs. « Ce don est fait à ladite fabrique à charge par elle d'acheter un calice d'une valeur égalle à celle du don et de célébrer tous les ans à perpétuité un service funèbre pour le repos de son âme.»
10 octobre 1847 : bénédiction du chemin de croix
3 janvier 1847 : on décide « tout premièrement construction de la colonne qui avait été abattue pour placer la chaire, secondement le placement de la chaire sur la porte de la sacristie ».
8 octobre 1848 : Fulcran Favier prend sa charge de curé
« L'an 1852, et le premier dimanche d'octobre a eu lieu à St-E. La bénédiction d'une magnifique croix en fer de fonte qui passe pour être la plus belle qui a été érigée dans ce genre dans tout le diocèse. » Elle semble remplacer la croix de mission en bois dont il a été parlé plus haut. « Mr Favier acheta cette croix, la plus belle qu'il trouva à Montpellier, la fit dorer sur place par Mr Berthommieu, habile doreur, domicilié à Lodève, fit reconstruire le pied d'estal de l'ancienne croix, plomba la croix dans d'énormes blocs de pierre, avec de gros boulons qui descendent jusqu'aux degrés et surajouta sur les côtés deux énormes brides en point d'appui, qui donnent à cette croix une solidité extraordinaire et la font résister admirablement à la violence des vents. »
8 mars 1862 : le constat des lieux est inquiétant :
« considérant l'état déplorable de la toiture qui entretient une grande humidité à la voûte et aux murs, considérant la hauteur disproportionnée de la tribune, sa mauvaise conception et son peu de solidité,
considérant la nécessité d'une voûte au choeur,
considérant le mauvais état du pavé de l'église entière,
considérant la nécessité de la construction d'une chapelle au midi.. »
3 janvier 1864, décision de construire la chapelle sud pour laquelle on a reçu des fonds.
Mademoiselle Anne Causse offre de quoi construire un tambour et un lambris tout autour du choeur.
3 avril 1864 : décision de réparer la tribune
2 octobre 1864 : « Mr le curé a fait connaître que Mme Lugagne offrait un vitrail pour la chapelle du Sacré-Coeur à la condition qu'un De profundis pour le repos de l'âme de sa mère Elisabeth Vernet serait récité publiquement »
23 avril 1865 : Mr le Maire « a fait don des appuis de communion de la chapelle de la Vierge et de celle du Sacré-Coeur et Mr le curé de tout le lambris placé dans la nef »
16 avril 1871 : « Mr le Président a appelé l'attention du conseil sur l'état du choeur, dont le plafond est tombé en partie et qui menace ruine entièrement. » Le conseil attend depuis plusieurs années un legs qui se fait attendre. Un membre pense trouver une personne qui, contre messes, paierait une voûte en briques. De fait, Mr Lugagne accepte de financer la voûte et donne 200 francs de plus pour le pavé du choeur.
11 novembre 1877, la commune a elle-même fait des travaux de réparations à la toiture et aux murs parce que la fabrique n'y arrive plus et attend toujours le legs qui ne vient pas.
27 mars 1878 : réparation de l'ostensoir : « frais de port aller et retour, réparations, soudure et dorure, réparation de l'étui », le tout pour 97,75 francs.
11 janvier 1891, le curé a reçu la visite d'un doreur de Bordeaux, M. Baduel. « Voici les objets que M. le curé a fait … dorer et argenter : 6 chandeliers et une croix chapelle du Sacré Coeur … encensoir avec navette … bénitier et son goupillon … calice doré avec sa patène … croix argentée … ostensoir doré … ciboire doré ...chandeliers des acolytes … petite croix et grande croix des enterrements avec petit ciboire ». La fabrique s'engage à payer une somme par an.
Archives départementales de l'Hérault, 8 V 41, Inventaire du 3 mars 1906
« Bénitier en pierre en mauvais état
fonts baptismaux, en marbre sur colonne marbre
confessionnal en bois peint
seize bancs en mauvais état […]
huit bras de lumière […]
1 tronc derrière la porte en bois peint
4 vitraux 1,50 m x 0,70 m
saint Antoine de Padoue, 1,20 m plâtre décoré
2 statues (l'une de st Joseph, l'autre sainte Vierge)
st Roch en plâtre décoré
2 statues (l'une st Louis de Gonzague, l'autre st François de Salles)
1 Madone en plâtre décoré
1 grand tableau (2,50 m x 2 m.), (lapidation de saint Etienne) mauvais état
14 chemins de croix en mauvais état
2 tableaux (l'un du Sacré Coeur et l'autre de la Vierge) […]
six chandeliers du maître-autel […]
deux anges en face le maître-autel
4 chandeliers
4 petits vases (autel de la Vierge)
6 chandeliers (autel du sacré Coeur)
1 ciboire en vermeil dans le tabernacle
Sacristie
un buffet double en bois peint
2 garde-robes en bois peint
Habits sacerdotaux pour les jours, fêtes, dimanches et cérémonies […]
un saint-sacrement en argent doré
un calice vermeil
un saint ciboire en métal décoré
4 petits reliquaires en bois
deux encensoirs avec chaîne
un baiser de paix en fer
Tribune […]
Deux vieilles lanternes de procession
un ombrellino en mauvais état
Deux croix de procession
Immeubles
chaire à prêcher en bois toute simple
Boiseries et bancs des chantres
dix mètres de grille
un maître-autel en marbre et plâtre
Deux autels en plâtre (Vierge et sacré Coeur)
église 16 m. de long sur 7 de large
presbytère en très mauvais état
une cloche du XVIe siècle avec inscription indéchiffrable
chapelle d'Aubaygnes 6 m. de long sur 4 de large
Chapelle d'Aubaygnes. Aucun mobilier. Le nécessaire pour la célébration de la messe est fourni par le propriétaire du château d'Aubaygnes, ainsi que les chaises. »
Josiane Pagnon
Département économie et emploi
Direction de la culture et du patrimoine
Service du patrimoine régional
Secteur Inventaire général
Conseil régional de Languedoc-Roussillon
avril 2011