Construction en 1684 (date inscrite sur la porte d'entrée). Réparations à partir de 1820 et en 1856. Abandonné vers 1830, puis vendu par la commune à un particulier.
1. Edifice antérieur. La demeure actuelle est l'ancien presbytère du Pouget qui servit de logement aux archiprêtres de 1684 à 1789, puis aux curés du Pouget de 1801 à 1930 environ. Avant 1684, il existait cependant au Pouget une maison presbytérale, mentionnée dan3 une visite pastorale de 1662 (A.D.H., A.M. Le Pouget, A III, 3).
2. Contexte historique. Le Pouget, qui dépendait du diocèse de Béziers, était devenu archiprêtré au XlVe siècle et comptait 45 paroisses. Il y avait donc un archiprêtre au village et deux ou trois prêtres secondaires dont la Communauté devait assurer le logement. En 1662, le vicaire général de l'Evêque de Béziers rappelle à l'ordre l'archiprêtre du Pouget, qui avait abandonné la maison presbytérale pour s'adonner à la débauche dans une maison du village ; il lui ordonne "de faire réparer incessament ladite maison (= la maison presbytérale) pour y loger commodément avec ses prêtres, sous peine de la faire réparer à ses dépens à la diligence des Consuls" (A.D.H., A.M. Le Pouget, A III, 3).
3. Construction de l'édifice. Il semble que l'ordre du vicaire général n'ait pas été exécuté immédiatement, car, le 24 janvier 1670, Mr. Estienne de Boujac, official de l'Evêque de Béziers, demande à nouveau aux Consuls du Pouget de fournir "un logement suffisant pour contenir le logement de l'archiprêtre, de deux prêtres, du clerc et de deux servantes" (A.D.H., A.M. Le Pouget, A III, 3). Les réparations ou la construction ne furent certainement pas engagées avant dix ans, car, de 1680 à 1685, des litiges opposent l'archiprêtre, Guillaume Carbonier, et les consuls au sujet des réparations à faire à la maison presbytérale (A.D.H., A.M. Le Pouget, A 5) ; l'affaire passa même devant le tribunal, puisqu'en octobre 1681 un avocat au Parlement, Nicolas Héral, ordonne aux consuls et habitants du Pouget de faire rebâtir et mettre en état la maison presbytérale dans les six mois suivants (A.D.H., A.M. Le Pouget, A IV, 2).
Les conflits paraissent avoir duré quelque temps encore, mais la maison presbytérale fut reconstruite, ainsi que l'indique une inscription au-dessus de la porte, soit en 1681, soit en 1684, le dernier chiffre étant difficilement lisible. Cette inscription, gravée dans un cartouche rectangulaire, porte le texte suivant : A IA DILIGENCE DE / M.G. CARBOITIER (..) / B. PABRE I. COIOTE P. / BOYER CONS. 168(.). La date de 1684 apparaît peut-être plus probable que celle de 1681, car ce n'est qu'en 1683 que P. Pabre, premier consul, "engage les émoluments" pour le paiement de la construction (notes de L. Coustol). Le nom de Pabre, consul en 1683, est d'ailleurs donné par l'inscription, ce qui peut corroborer cette opinion. Quoi qu'il en soit, une reconstruction partielle ou totale du presbytère fut effectuée entre 1681 et 1684. Les travaux furent certainement importants et durent coûter cher, puisqu'on n'avait toujours pas achevé de les payer en 1689, date à laquelle la Communauté prend la décision "d'affermer les herbages communaux pour en réserver le prix au paiement des travaux exécutés récemment" dans divers édifices à charge de la Communauté, notamment à la maison presbytérale (A.D.H., A.M. Le Pouget, doc. non répertorié). Dans le compoix du Pouget de 1716 (A.D.H., CC1), à la rubrique de la Communauté, la maison presbytérale est ainsi décrite : "Une maison presbytérale, estable avec son pailler, basse-cour avec son puids, jardin et ciel ouvert derrière la dite maison, le tout joignant à la rue St-Jacques, confrontant de marin la chapelle ancienne des Pénitents et la dite carrière, grec la muraille de la ville". Un plan du ténement du Pouget de 1723 (Arch. privées) donne l'emplacement du presbytère et la forme de la parcelle, mais n'indique pas le tracé de la construction.
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